Spock’s Beard, un ravissement pour les yeux et les oreilles.

Hier soir, à la salle Jean-Paul-Tardif de Québec, le groupe rock progressif américain Spock’ Beard se produisait devant une salle malheureusement remplie au trois-quarts mais constituée de fins connaisseurs et fans du groupe. Spock’ Beard a fait une entrée triomphale sous un tonnerre d’applaudissements et de cris d’admiration. Après un petit rituel japonais inusité mais fort amusant, le quintet formé de Ted Leonard (voix/guitare), Alan Morse (guitare/voix), Ryo Okumoto (claviers), Dave Meros (basse/voix) et l’excellent Nick D’Virgilio (batterie/voix) était en excellente forme et a livré avec fougue un spectacle haut en couleur. Leur performance, maintes fois ovationnée, a été à la hauteur des attentes. Une musique entrainante et riche en harmonies vocales. Un rock progressif intemporel à la fois énergique, imaginatif et techniquement haut de gamme. Le public avait littéralement les yeux et les oreilles rivés sur le band. La voix de Ted Leonard est exceptionnelle, l’énergie débordante d’Alan Morse est contagieuse, la dextérité de Ryo Okumoto aux claviers est électrisante, le jeu des baguettes de Nick D’Virgilio sur ses tambours est hypnotisant et Dave Meros à la basse, s’est fait plus discret mais tout autant mémorable. Ce fut deux heures de pur régal musical où le groupe a pigé dans ses classiques; On A Perfect Day, Day For Night, Hiding Out, Crack The Big Sky, Submerged, Walking On The Wind, Beware Of Darkness, Devil’s Got My Throat, Carie et Go The Way You Go. Et pour le plus grand bonheur des spectateurs; deux rappels dont la magnifique The Light. Bref, des musiciens extrêmement talentueux et sympathiques qui ont livrés à tour de rôle d’excellentes performances musicales et vocales toute en parfaite symbiose. Spock’s Beard, de son côté, a grandement apprécié l’accueil des québécois et s’est même permis un brin de jasette avec ses fans dans la salle après le spectacle. Formé en 1992 par les frères Neal et Alan Morse à Los Angeles, Spock’s Beard est considéré comme un leader parmi les groupes de rock progressif américain. Ils se sont fait remarquer dès leur premier album The Light considéré comme un chef-d’œuvre par plusieurs critiques et a à son actif pas loin de douze albums studio, onze albums Live et cinq compilations, bien hâte d’entendre leur prochain opus. Jean-François Desputeaux QuébecSpot Média

Pendragon, un évènement unique

Samedi soir, le groupe britannique néo-progressif Pendragon foulait la scène de la salle Jean-Paul-Tardif de Québec pour un concert unique en Amérique du Nord. Leur dernière visite, des plus mémorable, remonte en octobre 2013 à l’Impérial de Québec. Pendragon est né en 1978 à Stroud (Gloucestershire, Angleterre) mais c’est en 1982 qu’il se fait remarquer alors qu’il faisait la première partie de Marillion au célèbre Marquee Club de Londres. Presque quarante ans plus tard, Pendragon est toujours considéré comme l’un des groupes phares du mouvement néo-progressif. Pour cette tournée, Pendragon est composé de Nick Barrett (voix-guitare), Clive Nolan (claviers-voix), Peter Gee (basse), leur nouveau batteur Jan Vincent Velazco ainsi que deux excellentes choristes. La salle était bondée de fans fébriles debout avant même que les musiciens mettent les pieds sur scène. Sans faire de jeux de mots, The Masquerade Overture de l’album éponyme (1996) fut livrée en ouverture permettant de mettre la table pour plus de deux heures de savoureuses pièces mélodiques et complexes; As Good As Gold, Paintbox, A Man of Nomadic Traits, The Shadow, Master Of Illusion, King Of The Castle, Beautiful Soul, Faces Of Light, Nostradamus, la sublime If I Were The Wind, This Green And Pleasant Land, Breaking The Spell et Indigo…Que dire des solos de guitare langoureux et de la superbe voix de Nick Barrett, des envolées captivantes du doigté de Clive Nolan, de la fougue de Jan Vincent Velazco et des riffs et acrobaties de Peter Gee? Ce fut ovation par-dessus ovation. En rappel, deux pièces aussi savoureuses dont Netherworld. Tout au long de leur prestation Nick Barrett, très heureux et ému de l’accueil du public québécois, s’est adressé à lui dans un français des plus respectable. Un spectacle unique, grandiose, des fans ravis…que demander de plus! En première partie nous avons eu droit à Red Sand, l’excellente formation néo-progressive de Québec. Composé de Stéphane Duval (voix), Simon Caron (guitare), Pennsylia Caron (claviers), André Godbout (basse) et Luc Colleta (batterie), Red Sand nous a interprété My Mind, Verry Strange et Blame. Tout y était, une rythmique très technique, des claviers aux diverses sonorités, de la guitare envoûtante à souhait et des mélodies accrocheuses aux intonations Marilionniennes qui nous ont fait «hocher» de la tête allègrement. Bref, une ovation du public fort bien méritée pour Red Sand. Jean-François Desputeaux QuébecSpot Média

Le Neal Morse Band à Québec, un retour des plus attendu.

Hier soir j’étais fébrile. Enfin le retour à Québec du Neal Morse Band. Il se produisait à la salle Jean-Paul Tardif du Collège des Jésuites où, en passant, il y a plus de 30 ans, je m’y produisais en y interprétant du Led Zeppelin, fin de la tranche de vie. La salle était remplie de connaisseurs venus «faire l’expérience» du tout récent album du groupe, très attendu dans le monde du rock progressif, The Similitude Of A Dream. Neal Morse (voix, clavier, guitare) était accompagné de la crème de la crème des musiciens; Mike Portnoy (batterie, voix), Eric Gillette (guitare, voix), Randy George (basse, voix) et Bill Hubauer (clavier, voix, saxophone) qui nous ont fait vivre, comme mentionné, une expérience musicale totale malgré un court problème technique en début de spectacle, mais qui aura toutefois permis à Neal Morse de nous offrir deux pièces acoustiques sur sa douze cordes en attendant qu’il soit résolu. The Similitude Of A Dream fut livré dans toute son intégralité, avec très peu d’interventions avec le public. Toute la place a été laissée à la musique, d’une qualité reconnue et aux harmonies vocales parfaites. L’album raconte l’histoire du voyage initiatique d’un homme qui sera parsemé d’embûches et d’épreuves, elle-même basée sur l’œuvre allégorique de 1678 ‘’The Pilgrim’s Progress’’ de John Bunyan. Cet album revisite et jongle avec les bases (ou origines) du rock progressif, on ne peut échapper aux clins d’œil musicaux faits à Genesis, Yes, Queen, Pink Floyd, Supertramp et j’en passe. Ce fut un vrai régal visuel et sonore. La performance de chaque musicien aura été mémorable en raison de leur agilité technique rodée au quart de tour, particulièrement Eric Gillette dont la dextérité sur sa sept cordes Music Man John Petrucci Signature m’a littéralement estomaqué. Parmi mes coups de cœur; City Of Destruction, We Have Got To Go, Draw The Line, The Slough, The Ways Of A Fool, So Far Gone, Slave To Your Mind, The Man In The Iron Cage, The Road Called Home, Freedom Song, Confrontation, The Battle. Une constante dans les spectacles du Neal Morse Band est la réelle complicité entre ses membres. Une telle complicité, que le public a parfois l’impression que le band ne forme qu’un. Après l’ovation, le quintet est revenu interpréter la magnifique pièce Momentum et The Call. Les amateurs de rock progressif présents ont définitivement été choyés par ce spectacle riche en quantité et …en qualité. Jean-François Desputeaux QuébecSpot Média

Änglagård, d’une grande générosité.

Hier soir à la salle Jean-Paul-Tardif du collège St-Charles Garnier de Québec avait lieu un événement unique. La première et seule visite à Québec voire au Canada du désormais mythique groupe rock progressif suédois Änglagård. Le groupe nous a offert une musique tantôt contemplative et imaginaire, tantôt énergique et brute. Grandement influencé par des icônes du prog tels que Genesis et King Crimson, Änglagård nous a transporté dans un univers musical complexe, riche en textures sonores, en émotions et en mélodies qui, parfois, me rappelait même celui du non moins mythique groupe Harmonium. Änglagård c’est Jonas Engdeg○ård (guitare), Anna Holmgren (flute, saxophone et mélotron), Johan Brand (basse), Tord Lindman (guitare, voix), Erik Hammarström (batterie) et Linus Kåse (clavier, voix). Dès que les musiciens ont franchi la scène, une ovation surprenante les attendait, leur étonnement était visible. Après un court prologue musical, le band a pigé dans les albums Epilog (1994) et Viljans Öga (2012) et nous a offert, entre autres, les pièces Höstsejd et Ur Vilande. Änglagård a su nous démontrer toute l’étendue de leur savoir-faire, leur maîtrise instrumentale, leur virtuosité et leur cohésion. L’auditoire n’a pas hésité à leur démontrer leur ravissement. Une courte pause bien méritée, le temps d’absorber et d’analyser cette qualité musicale et Änglagård est revenu interpréter dans son intégralité leur premier Opus Hybris (1992) considéré comme l’un des 50 meilleurs albums de rock progressif. Dans l’ordre, Jordrök, Vandingar I Vilsenhet, I Frän Klarhet Till Klarhet et King Bore. Les mots me manquent, c’était magistral. Toutefois nos applaudissements frénétiques n’ont pas réussi à les faire remonter sur les planches mais leur invitation à les rejoindre pour un «meet and greet» nous a permis d’apprécier sous un autre angle ces généreux et sympathiques artistes. Une soirée inoubliable où j’ai vraiment eu l’impression de revivre l’ambiance des spectacles de musique progressive des années 70. Jean-François Desputeaux QuébecSpot Média